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25 août 2026

Délai de visa des études d'exécution : les 15 jours du CCAG Travaux, comment les calculer, les tenir et les prouver

Délai de visa des études d'exécution : les 15 jours du CCAG Travaux, comment les calculer, les tenir et les prouver

En marché public de travaux, le délai de délivrance du visa du maître d'œuvre est fixé à quinze jours par l'article 29.1.5 du CCAG Travaux 2021, sauf délai différent prévu au CCAP. Ce délai court en jours calendaires à compter de la réception du document d'exécution transmis par l'entreprise, et il s'applique aussi à la resoumission : si le maître d'œuvre estime que le document ne lui permet pas de viser, l'entreprise dispose du même délai pour corriger et retransmettre. Tant qu'un document n'a pas reçu un visa favorable, l'entreprise ne peut pas commencer l'ouvrage concerné, sauf accord exprès du maître d'œuvre notifié par ordre de service. Tenir et tracer ce délai est donc un enjeu à la fois de planning et de responsabilité.

Ce que dit précisément l'article 29 du CCAG Travaux

L'article 29.1.3 soumet au visa du maître d'œuvre les plans, notes de calculs, études de détail et autres documents établis par l'entreprise titulaire. L'article 29.1.5 en fixe le régime : le délai de visa est de quinze jours, et l'entreprise ne peut engager l'exécution d'un ouvrage qu'après avoir obtenu un visa favorable sur l'ensemble des documents nécessaires à cette exécution. Deux précisions importantes en découlent. D'abord, la délivrance du visa ne dégage jamais l'entreprise de sa propre responsabilité sur le contenu de ses documents. Ensuite, le même délai de quinze jours encadre le cycle de correction : lorsque le maître d'œuvre renvoie un document pour correction ou complément, l'entreprise doit fournir les documents corrigés dans ce délai, ce qui enclenche un nouveau tour d'examen.

Comment se calcule le délai de quinze jours

Le mode de computation est fixé par l'article 3.2 du CCAG. Le délai est exprimé en jours calendaires, ce qui inclut les samedis, dimanches et jours fériés, et non en jours ouvrés. Il commence à courir à zéro heure le lendemain du jour de réception du document, et expire à minuit le dernier jour. Lorsque ce dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est reporté à la fin du premier jour ouvrable suivant. La date de réception doit pouvoir être établie de façon certaine, ce qui suppose une transmission datée et traçable, condition indispensable pour déterminer sans ambiguïté l'échéance du visa.

Le délai n'est pas figé : la dérogation par le CCAP

Les quinze jours de l'article 29 constituent la règle par défaut, mais ils peuvent être modifiés. Le maître d'ouvrage peut prévoir un délai différent dans les documents particuliers du marché, en pratique dans le CCAP, pour l'adapter à la complexité de l'opération ou au volume de documents à examiner. Cette faculté de dérogation est même expressément prévue par le CCAG applicable à la maîtrise d'œuvre. Il faut donc toujours vérifier le CCAP avant de raisonner sur quinze jours : un chantier technique peut allonger ce délai, un chantier tendu sur le planning peut le raccourcir. Un cas particulier mérite attention : le programme d'exécution des travaux relève de l'article 28 et suit un régime propre, avec un mécanisme selon lequel, passé trente jours sans visa, son absence ne fait plus obstacle à l'exécution.

Ce que le dépassement du délai fait peser sur le maître d'œuvre

Le respect du délai de visa n'est pas une formalité administrative : il conditionne le droit de l'entreprise à exécuter. Comme l'exécution d'un ouvrage est subordonnée à un visa favorable, un visa tardif retarde mécaniquement le démarrage des travaux correspondants. Si l'entreprise se trouve bloquée par un visa non délivré dans les délais, elle a intérêt à exiger un ordre de service, et les conséquences de délai, voire de coût, peuvent alors être imputées au maître d'œuvre plutôt qu'à elle. Le délai de visa devient ainsi un point de bascule de responsabilité, ce qui rend déterminante la capacité à prouver, document par document, la date de réception, la date de visa rendu et le sens de l'avis, dans un contexte où plusieurs dizaines de documents circulent en parallèle.

En marché privé : le même principe, un délai à fixer au contrat

Hors marché public, le CCAG Travaux ne s'applique pas. C'est la norme NF P03-001, dans sa version d'octobre 2017, qui joue le rôle de cahier des clauses administratives générales des marchés privés de bâtiment, à condition d'être expressément visée comme pièce contractuelle. Elle prévoit également que les documents d'exécution établis par l'entreprise sont soumis au visa du maître d'œuvre, mais sans imposer un délai unique équivalent aux quinze jours du CCAG : le délai de visa doit alors être fixé par le contrat lui-même. En marché privé plus encore qu'en marché public, l'absence de délai clairement stipulé et tracé est une source fréquente de litiges sur l'origine d'un retard.

Tenir le délai de visa sur toute une opération

Sur un chantier réel, la difficulté n'est pas de connaître la règle des quinze jours, mais de la tenir sur des centaines de documents d'exécution qui arrivent, repartent en correction et reviennent indicés, chacun avec sa propre échéance. C'est précisément l'objet de Planet Visas, le logiciel GED d'ACR Groupe spécialisé sur le suivi des visas d'exécution (VSO, VAO, VAOB) et la traçabilité documentaire des chantiers de construction. L'outil centralise l'indiçage des documents d'exécution, horodate les dates de dépôt et de visa, relance automatiquement les intervenants selon les délais et génère les tableaux de suivi qui matérialisent, pour chaque document, l'échéance contractuelle et son respect. Là où un suivi manuel peine à prouver a posteriori qui a tenu ou dépassé son délai, un cycle de validation tracé de bout en bout sécurise à la fois le planning et la position du maître d'œuvre, ce que les GED généralistes couvrent de façon moins fine sur ce périmètre précis.